Aux Deux Piments

Ce qu'on apprend en regardant.

Le poulet rôti du dimanche

Etxea Nicole · plat · raconté par Mathieu

Pour un bon poulet rôti du dimanche, c'est très simple : il faut être dimanche. Le reste est une affaire de sauce, de four, et de qui est là.

Le poulet qui sort du four, arrosé de sa sauce

Illustration — la photo viendra un dimanche

Il faut être dimanche, jour de marché. C'est souvent après un samedi soir et juste avant une semaine qui recommence qu'on a le moins envie de chercher quoi faire à manger. Et pour ça, le poulet rôti est parfait. C'est celui qui réunit les petits et les grands, celui qu'on vient manger en famille pour se partager l'aile ou la cuisse.

La sauce, c'est tout

Il ne suffit pas de le sortir de son sac. L'art d'un bon poulet, c'est de demander au vendeur de bien rajouter de la sauce dans le sachet, et sans lésiner sur la quantité. Avec un peu de chance, il y glissera quelques patates chaudes. C'est cette sauce qui va l'assaisonner et l'attendrir, en la versant dessus tout au long de la cuisson.

Fermier, labellisé ou pas, petit ou gros : l'important n'est ni la taille ni l'élevage. C'est qui est autour de la table.

Au four

On choisit un plat adapté, on y glisse le poulet, et on finit bien par vider tout le reste de sauce par-dessous. On enfourne, on patiente, on discute, et entre deux on l'arrose.

S'il n'y a pas assez de sauce, on l'allonge avec un peu d'eau ou d'huile. Si elle manque de saveur, on complète avec des épices et des aromates.

Un quart d'heure, vingt minutes. À 180 en position gril, ou à 210 en chaleur tournante — les deux marchent très bien. Si on l'aime croustillant, on monte la grille.

On sait que c'est prêt quand tout le monde a faim et crie : ça y est ?

À table

Attention, chaud chaud devant, faites de la place !

Il y en a toujours un qui est chargé de la découpe. Chez nous, c'est mon fils. Et vous remarquerez que plus il se coupe facilement, meilleur il sera en bouche.

Après vient le tour de qui prend quoi — même si chacun sait déjà ce qu'il préfère. L'aile, la cuisse, le blanc : c'est une histoire de goût et de famille.

Chez nous, on tire la philippine. Ma mère prenait une partie, moi l'autre, et le premier qui s'en rappelait le lendemain et disait philippine avait gagné. Gagné quoi ? Rien. Le plaisir d'avoir gagné, et l'envie d'être le premier la prochaine fois.

Le lendemain

Le dimanche comme son nom l'indique — mais il se mange aussi très bien les autres jours, et à n'importe quelle heure. Le lendemain, chaud ou froid, avec un peu de mayo ou autre chose. Mon père, lui, c'est la moutarde. Moi j'aime un savant mélange mayo-harissa.

La carcasse

Chez certains, la carcasse finit directement à la poubelle. Chez nous, un poulet entier se mange entier. Ma mère adorait les os, comme elle aimait le dire, et se chargeait de décortiquer le moindre petit bout qui restait. Avec le recul, je me rends compte que c'était autant pour le plaisir de décortiquer le poulet que pour la satisfaction de nous en laisser plus.

En tout cas le poulet peut se manger de la tête aux pieds.

Et si vous voulez, vous pouvez aussi la garder au chaud pour en faire un bon bouillon — mais ça, on en reparlera dans une autre recette. Ou dimanche prochain.

Pour
3 ou 4, selon les dimanches — mais il n'y a pas de règle. Rien n'empêche d'acheter deux poulets, ou un demi, selon qui sera là.
Temps
un quart d'heure, vingt minutes
Four
180° position gril, ou 210° chaleur tournante

Il faut

  • Un poulet rôti du marché
  • Toute la sauce que le vendeur veut bien donner
  • Des patates du marché, ou des haricots verts au beurre
  • Un peu de salade
  • Beaucoup de bonne humeur